
Par Benjamin Parent, Rotaract Club Cannes Riviera
Tout a commencé par un rêve et une question. Le rêve d’un tour du monde à vélo, enfoui dans un coin de ma tête depuis des années. Et cette question qui m’a poussé à me lancer : qu’est-ce que le développement durable signifie vraiment ? Comment une organisation peut-elle allier viabilité financière et impact positif sur le vivant ? Comment aider une nouvelle génération d’entrepreneurs à entreprendre différemment, avec un projet à impact positif sur le vivant et pouvoir en vivre ? Comment avoir un impact positif sur le vivant aussi moi-même ?
J’ai voulu aller voir par moi-même sur le terrain et tenter de répondre à ces questions. Comprendre, rencontrer, échanger. Trees On The Way est né de cette volonté d’exploration et de contribution : un voyage de milliers de km à vélo à la rencontre d’entrepreneurs engagés, pour découvrir et partager des bonnes pratiques, des solutions, des organisations et des entrepreneurs inspirants qui ont mis leur énergie de vie au service des autres, d’eux-mêmes et du vivant dans son ensemble. Un tour du monde à vélo à la rencontre d’entrepreneurs inspirants donc mais pour avoir encore plus d’impact positif : un tour du monde qui plante des arbres.
En effet, chaque 21 kilomètres pédalés, c’est un arbre qui sera planté au retour sur une zone sinistrée en France. Et si chaque personne sur terre plante au cours de sa vie 185 arbres, on pourrait absorber nos émissions de CO₂, stopper la déforestation et restaurer les écosystèmes. Planter un arbre, c’est croire en l’avenir, « Celui qui plante un arbre plante un espoir » disait la poétesse, écrivaine et enseignante américaine Lucy Larcom.
Pourquoi ce projet ? Un besoin d’action et de dépassement
Ce voyage n’est pas qu’une aventure personnelle. Il s’inscrit dans un besoin plus profond d’agir concrètement et de sortir du cadre purement théorique.
Je crois fermement que les entrepreneurs à impact et sociaux jouent un rôle clé dans la transformation de nos sociétés. J’ai envie de les rencontrer, de comprendre leurs difficultés, leurs réussites, et de partager leurs expériences pour inspirer d’autres porteurs de projets.

Mais ce projet, c’est aussi un défi sportif et humain. En tant que passionné de nature et de sport, je veux explorer les liens entre l’entrepreneuriat et l’effort physique. Se lancer dans une aventure de milliers de km à vélo, c’est repousser ses limites, s’adapter aux imprévus et apprendre à avancer, quel que soit l’obstacle. Comme dans l’entrepreneuriat, il faut de la persévérance, une vision et une capacité à transformer les difficultés en opportunités.
Tracer sa route : un itinéraire en trois étapes
Quel itinéraire choisir quand on se retrouve face à une carte du monde vierge, où tout est possible ? Est-ce que l’on trace sa route en fonction des points d’intérêt, des sites de l’Unesco, des entrepreneurs à rencontrer ?Le choix n’a pas été évident, mais l’appel de l’Est a été le plus fort. J’ai décidé de suivre l’EuroVelo 8, une route cyclable européenne, pour entamer mon périple en direction de la Turquie.
Plutôt que de viser un tour du monde d’un seul trait, j’ai structuré mon voyage en trois grandes étapes, avec des objectifs réalisables et une progression cohérente :
- Étape 1 : Moyen-Orient – Traverser l’Europe du Sud et le Moyen-Orient, en explorant des initiatives locales de transition écologique et de résilience.
- Étape 2 : Asie – Découvrir des projets en Inde, au Népal, en Chine et en Asie du Sud-Est, en lien avec les nouvelles formes d’économie régénérative.
- Étape 3 : Amériques – Plonger dans les innovations sociales et environnementales du continent américain, du Canada à l’Amérique du Sud.
Chaque région a ses enjeux et ses solutions. Mon objectif est de documenter ces initiatives, d’apprendre auprès de celles et ceux qui inventent de nouveaux modèles et de partager ces découvertes au plus grand nombre.
Entreprendre autrement : des rencontres inspirantes
Depuis mon départ, chaque rencontre me confirme que des modèles plus vertueux existent. En Turquie par exemple, j’ai découvert des initiatives incroyables comme Oleatex, une entreprise qui transforme des déchets d’olive en cuir végétal, ou Ecording, qui utilise des drones pour reboiser des zones difficiles d’accès.
Ces entrepreneurs ont tous un point commun : ils ne se contentent pas de minimiser leur impact, ils cherchent à régénérer leur environnement.
Ce voyage est un moyen de découvrir sur le terrain ces solutions, au-delà de la communication ou du marketing. Comment ont-ils réussi à concilier viabilité économique et impact positif ? Quels défis ont-ils rencontrés ? Comment pouvons-nous nous en inspirer ? Autant de questions auxquelles j’espère apporter des réponses en partageant leurs expériences.
Pédaler pour un monde plus durable
Voyager à vélo, c’est aussi un engagement en faveur d’une mobilité plus douce. Aujourd’hui, le transport représente 31 % des émissions de gaz à effet de serre en France. Réduire notre impact passe aussi par nos choix de déplacement.
En optant pour le vélo, je veux montrer qu’il est possible de ralentir, de repenser notre rapport au temps et à la distance. Que voyager peut être une démarche cohérente avec nos valeurs.
Le soutien du Rotary : une famille sur la route
Dans cette aventure, le Rotary et le Rotaract jouent un rôle essentiel. Dès le départ, ils ont soutenu mon projet, notamment en co-organisant une action de reforestation dans le sud de la France. Mais leur aide va bien au-delà.

Sur la route, j’ai découvert une véritable famille mondiale. J’ai été accueilli, hébergé, mis en contact avec des entrepreneurs locaux, invité à des événements. Ce réseau me permet de tisser des liens partout où je passe, et prouve qu’une communauté engagée peut vraiment faire la différence.
Les prochaines étapes
Actuellement en Inde, je poursuis ma route vers le Sri Lanka, le Népal, le Bhoutan et l’Asie du Sud-Est. Chaque nouvelle étape est une opportunité d’apprentissage.
Ce voyage est avant tout une aventure humaine et environnementale. Il ne s’agit pas seulement de parcourir des kilomètres, mais de questionner, partager et j’espère humblement inspirer.
L’entrepreneuriat peut être un levier puissant pour transformer nos sociétés. À travers Trees On The Way, j’espère contribuer, à mon échelle, à cette transformation.
Suivez l’aventure de Benjamin ici : https://www.treesontheway.org/fr/